Michel Baudet

 

Peinture. L'univers saisissant de Michel Baudet

 

Le rideau est tombé, le week-end dernier, sur le cinquième salon interrogatif qui a permis à une vingtaine d'artistes (peintres, sculpteurs, photographes) d'exposer pendant trois semaines dans la longère de Tronjoly. Parmi eux, Michel Baudet, venu de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). « Je suis né à Paris et j'y ai passé mon enfance mais je suis viscéralement attaché à la Bretagne. Ma famille est originaire de La Motte, près de Loudéac », annonce d'emblée l'artiste peintre. Adolescent, il a vécu en Bretagne lorsque son père a décidé de reprendre l'exploitation agricole familiale. La suite, c'est l'obtention d'un CAP coiffure à Loudéac, un an dans la gendarmerie à l'occasion du service militaire, une expérience de gérant d'un bar à Pordic (Côtes-d'Armor) et une longue carrière à la RATP (Régie autonome des transports parisiens). À la cinquantaine, c'est l'heure de la retraite. Une sorte de grand vide qu'il faut combler.

 

Plus de maturité


Ce sera avec la peinture. « J'avais déjà peint à l'adolescence mais, à 17 ans, sur un coup de tête, j'avais donné tous mes tableaux. Bien plus tard, dans les années 90, je m'y suis remis. Je faisais cette fois de la photo que j'imprimais sur de la toile. J'ai exposé à Rueil-Malmaison. Cette fois encore, j'ai eu un coup de sang un jour en me disant : " tu n'es pas un artiste ", et j'ai tout arrêté ». Mais aujourd'hui, à 55 ans, avec plus de maturité et de recul, Michel Baudet s'assume. Il peint depuis cinq ans. « J'ai un catalogue d'une quarantaine de tableaux aboutis ». Il tient à sa liberté et ne cache pas qu'il est "fâché contre cette bobosphère" qui vous regarde comme un martien estimant que vous n'êtes pas artistiquement correcte, mais je persiste et je signe ».

 

Un univers sombre


Plutôt de nature joyeuse et aimant volontiers plaisanter, Michel Baudet semble dans la vie à contre-courant de son univers artistique. Probablement une autre part de lui, plus sombre, plus secrète. « Mon univers est celui des réalisateurs Larry Cohen, Stanley Kubrick, Fritz Lang, un univers qui rendait la parole inutile », raconte l'artiste, qui peint à l'acrylique sur toile et dit « travailler à l'instinct ». Il s'empare de thèmes comme la folie (des expressions violentes, des visages fermés), la religion (le malin), la peur, l'univers carcéral, l'addiction à l'alcool...

 


 

 

Publié le 18 novembre 2016

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